Violences en Guinée : Amnesty International accuse les forces de l’ordre

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L’ONG de défense des droits humains, Amnesty International a interpelé les autorités guinéennes sur des violences parfois meurtrières commises lors du double scrutin du 22 mars dernier. Dans une note rendue publique jeudi 2 avril 2020, l’ONG relève des faits graves de violations des droits humains en marge des élections  du 22 mars.

Les forces de sécurité ont été associées à des groupes de jeunes lors des violences ayant abouti à au moins 12 homicides illégaux a déclaré Amnesty International. Sur la base d’une trentaine de témoignages, de vidéos et de photos authentifiées et géo localisées par ses experts, l’organisation confirme que 12 manifestants et passants ont été tués à Conakry et près de Mamou dont dix par des balles tirées par les forces de sécurité. Les faits se sont produits principalement le 22 mars, le jour d’élections législatives couplées à un vote contesté sur l’adoption d’une nouvelle constitution. «Ces morts et blessés jettent une fois de plus le discrédit sur les forces de sécurité et sur les autorités guinéennes. Le bilan et la version des faits présentés jusqu’à présent par ces dernières font douter de leur volonté de garantir un Etat respectueux des droits humains»  a déclaré Fabien Offner, chercheur au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale d’Amnesty International. « Cette fois, des jeunes qui ne sont pas en uniformes ont été identifiés aux côtés des forces de sécurité ayant commis ces violations. Face aux manifestations de l’opposition contre la tenue du double scrutin, les forces de défense et de sécurité ont fait un usage excessif et aveugle de la force contre les manifestants et passants, en ayant recours à des tirs à balles réelles, des gaz lacrymogènes et des coups de matraque. » Des vidéos analysées par l’organisation montrent des éléments de ces forces poursuivre un groupe de manifestants en tirant dans leur direction depuis un véhicule, et porter des armes de guerre de type semi-automatique en position de tir horizontal. Cinq des victimes ont été atteintes à la tête ou à la poitrine.

La rédaction

 

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