Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, un phénomène géologique préoccupant touche le quartier de Nongo (Nongo Tady) et d’autres secteurs comme Simambossia dans la commune de Lambanyi. Des fissures visibles sur les routes, les chaussées, les clôtures et de nombreuses habitations inquiètent fortement les riverains, qui craignent des effondrements.
Des missions techniques ont été dépêchées et un rapport pointe notamment la prolifération anarchique des forages comme facteur principal.
Selon de multiples témoignages et constats de terrain, les fissures, initialement mineures, se sont élargies de manière significative. Elles affectent le goudron (avec des affaissements par endroits), les murs des maisons, les boutiques et même des bâtiments publics comme le Centre Technique Chérif Souleymane. Des ouvertures allant jusqu’à 8 cm ont été observées. Des habitants décrivent un phénomène évolutif.
« Ça c’était une petite fissure qui passait inaperçue, mais du jour au lendemain elle ne fait que grandir. Il y a certains qui avaient réparé, mais c’est fissuré encore. Tantôt même tu sens un affaissement du sol à certains endroit. C’est vraiment inquiétant. » expliqué Hawa Keita habitante du quartier.
Un rapport d’une mission technique du Ministère des Mines et de la Géologie, identifie une forte concentration de forages (17 répertoriés dans un périmètre restreint d’environ 72 000 m², dont des forages industriels) comme cause principale. Le pompage excessif créerait un vide souterrain favorisant la subsidence (affaissement).
La zone, anciennement une petite carrière de graviers, présente également des constructions aux architectures variées qui pourraient aggraver le phénomène. Le sol argileux de la zone, sensible aux variations d’humidité, est également évoqué par certains observateurs.
Ce phénomène a déjà conduit à des incidents concrets. Le 4 juin 2026, un immeuble de type R+1 (duplex) s’est effondré à Néribounyi dans la commune de Lambanyi, sans faire de victimes mais accentuant la psychose. Des évacuations ou fermetures de zones à risque ont été ordonnées par les autorités dans certains secteurs.
Les habitants, vivant « avec la peur au ventre », lancent des appels pressants aux autorités pour des études géotechniques, hydrogéologiques et géophysiques approfondies, un approvisionnement alternatif en eau via la Société des Eaux de Guinée (SEG), et un encadrement strict des forages (interdiction temporaire notamment en période d’étiage). L’Agence nationale de surveillance des routes (ANASUR) a qualifié la situation de « phénomène inhabituel » et poursuit ses évaluations.
Avec l’approche de la saison des pluies, les risques d’aggravation sont réels. Les experts recommandent une sensibilisation des populations, un système de suivi continu des fissures et des mesures d’urgence pour prévenir une catastrophe. Aucune perte en vies humaines n’a été directement liée à ces fissures à ce stade, mais la vigilance reste de mise, comme l’a sollicité le ministre de l’urbanisme de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire.
