Lancement officiel de la réhabilitation de la décharge de Dar-es-Salam : vers un parc urbain végétalisé

Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce lundi 2 novembre 2026, le projet de réhabilitation environnementale de la décharge de Dar-es-Salam, située dans la commune de Gbessia à Conakry. La cérémonie, présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah au nom du président de la République Mamadi Doumbouya, s’est déroulée sur le site en présence de plusieurs membres du gouvernement, d’autorités locales et de représentants du secteur privé.

Ce projet, entièrement financé par Winning International Group, vise la fermeture écologique du site, qui abrite environ 7,2 millions de tonnes de déchets accumulés sur près de trois décennies et couvre quelque 280 000 mètres carrés, et sa transformation progressive en parc urbain végétalisé ouvert au public. Les travaux prévoient notamment la stabilisation du massif de déchets, la mise en place d’une couverture étanche, d’un système de drainage ainsi que le captage et le traitement des gaz, afin de réduire durablement les risques d’éboulement, d’incendie et de pollution.

L’événement intervient un peu plus de deux mois après l’éboulement survenu dans la nuit du 22 au 23 août 2026, qui a coûté la vie à 36 personnes, dont des ressortissants sierra-léonais.

Le ministre de l’assainissement dans son discours, a rappelé l’ampleur du passif environnemental et humain de cette décharge.  : « Pendant près de trois décennies, sur plus de 280 000 mètres carrés, se sont accumulés ici plus de 9 millions de mètres cubes de déchets, soit environ 7,2 millions de tonnes. »

Il a souligné que la décharge avait rejeté quelque 250 000 tonnes de méthane (équivalent à environ 6 millions de tonnes de CO₂) et que les lixiviats se déversaient sans traitement dans le sol, la nappe phréatique et jusqu’au littoral. Selon les estimations de son département, entre 150 000 et 250 000 personnes auraient vécu quotidiennement à moins de deux kilomètres du site pendant plusieurs années.

Sur le caractère historique de la décision de fermeture, Aboubacar Camara a affirmé :« Dar-es-Salam était devenu une honte nationale. Quels que furent les efforts consentis pour assainir Conakry, tant que cette décharge demeurait ouverte, rien n’avait d’impact. Sa fermeture n’est donc pas une réussite parmi d’autres, elle est la condition de toutes les autres. C’est un événement historique. »

Évoquant la suite du projet, il a affirmé :« Ces interventions réduiront durablement les risques d’éboulement, d’incendie et de nouvelle pollution. Et puis viendra le parc. Un parc urbain végétalisé, ouvert à la population. Pour la première fois, le Conakryka pourra dire à sa famille, un week-end : “Allons nous promener et prendre de l’air au parc de Dar-es-Salam.” »

Le ministre a toutefois rappelé que la réhabilitation de ce seul site ne résoudra pas l’ensemble des problèmes d’insalubrité du pays et a plaidé pour un mécanisme de financement pérenne de toute la chaîne de gestion des déchets.

Dans son discours, le premier ministre chef du gouvernement qui a présidé le lancement, a d’abord rendu hommage aux victimes : « Je m’incline devant la mémoire de toutes les victimes des drames successifs survenus sur ce site. À leurs familles et à toutes les personnes éprouvées, j’exprime notre profonde compassion et notre solidarité. »

Il a insisté sur la portée concrète de l’initiative :
« Le projet que nous lançons engage la sécurisation de cette décharge, la réduction de ses nuisances et sa transformation progressive en un espace urbain végétal. Sa première finalité est de permettre aux familles de vivre dans un environnement plus sûr. »

Inscrivant le chantier dans la vision du programme Simandou 2040, le Premier ministre a déclaré :
« La modernisation de la Guinée doit améliorer les conditions d’existence de nos concitoyens. La santé et le bien-être commencent aussi par un quartier salubre, un habitat protégé et des services publics réguliers. La même exigence de protection doit valoir pour tous, quelle que soit la condition sociale. »

Avant de lancer officiellement les travaux, Amadou Oury Bah a résumé l’ambition du chef de l’État :
« Le vœu du président de la République Mamadi Doumbouya, c’est de transformer cette plaie béante qui a endeuillé pendant des décennies plusieurs familles guinéennes en un espace de vie, de convivialité, de loisirs, d’espoir et de meilleure santé. »

Il a également annoncé un suivi personnel du chantier, en collaboration avec le conseiller du président Ousmane Doumbouya et le ministre de l’Assainissement, tout en appelant à l’implication des populations riveraines et à un accompagnement adapté pour les familles éventuellement affectées.

Ce chantier marque une étape importante dans la politique d’assainissement de la capitale. Son succès dépendra désormais de la rigueur d’exécution, de la protection effective des riverains et de la mise en place de solutions durables pour la gestion des déchets à l’échelle de Conakry.

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