La décision du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) de dissoudre quarante partis politiques en Guinée pourrait faire l’objet de contestations devant les juridictions compétentes. C’est l’analyse du juriste Kalil Camara, qui estime que cette mesure pourrait être prématurée au regard de la nouvelle législation encadrant les partis politiques.
Selon lui, la nouvelle loi organique relative aux partis politiques prévoit un délai d’environ six mois pour permettre aux formations politiques de se conformer aux nouvelles exigences administratives et juridiques. Dans ces conditions, explique le juriste, la dissolution immédiate de certains partis pourrait être juridiquement contestable si ce délai n’a pas été respecté. Il souligne également que les partis concernés disposent de voies de recours et peuvent saisir les juridictions compétentes afin de contester la décision administrative.
La réaction de ce spécialiste du droit intervient quelques jours après l’annonce officielle du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Dans un communiqué rendu public le 6 mars 2026, le département dirigé par Ibrahima Kalil Condé a annoncé la dissolution de quarante formations politiques pour non-conformité aux règles en vigueur.
Parmi les partis concernés figurent notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée, le Rassemblement du peuple de Guinée Arc‑en‑ciel et l’Union des forces républicaines. Les autorités expliquent cette décision par le non-respect de certaines obligations administratives et organisationnelles exigées par la législation encadrant la vie des partis politiques.
Le ministère affirme que cette mesure s’inscrit dans un processus d’assainissement et de restructuration de l’espace politique guinéen. L’objectif, selon les autorités, est de mettre fin à la prolifération des formations politiques ne respectant pas les normes légales de fonctionnement.
Cependant, cette décision suscite déjà des réactions au sein de la classe politique et dans l’opinion publique. Plusieurs observateurs estiment que l’affaire pourrait évoluer vers un contentieux administratif si les partis concernés décident de contester leur dissolution devant la justice.
Dans ce contexte, l’analyse juridique de spécialistes comme Kalil Camara relance le débat sur la conformité de la procédure adoptée par les autorités et sur les garanties juridiques accordées aux partis politiques dans le cadre de la réforme du système politique guinéen.
