Le procès opposant le notaire François Fana Bangoura à Elhad Mohamed Lamine Soumah s’est poursuivi ce lundi 18 mai 2026 devant le tribunal de première instance de Kaloum. L’affaire porte sur des accusations présumées d’abus de confiance et d’émission de chèques sans provision. Le montant du litige est estimé à plus de 6 milliards 473 millions de francs guinéens.
Au cours des débats, l’avocat de la partie civile, Lansana Condé, a affirmé avoir produit plusieurs pièces devant le tribunal, notamment un engagement signé par le notaire ainsi que plusieurs chèques de versement. Selon lui, ces documents constitueraient des preuves attestant de l’existence de la créance réclamée par son client.
« Il a émis plusieurs chèques sans provision dont nous avons présenté les originaux à l’audience. Depuis l’ouverture du procès, le 13 février dernier, le notaire n’a jamais comparu et n’était pas représenté. Face à cette situation, nous avons engagé une procédure de citation directe », a déclaré l’avocat de la partie civile.
Maître Lansana Condé soutient également que les absences répétées de l’accusé avaient conduit le tribunal à envisager un mandat ainsi que la saisie de ses comptes bancaires. Il affirme qu’à la suite de cette procédure, plusieurs chèques provisionnés d’un montant global dépassant 400 millions de francs guinéens auraient été encaissés par son client.
L’avocat ajoute qu’un document écrit signé par le notaire reconnaîtrait une dette supérieure à 6 milliards de francs guinéens. « Aujourd’hui, la stratégie de la défense consiste à remettre en cause ces acquis », a-t-il indiqué à l’audience.
De son côté, François Fana Bangoura rejette les accusations portées contre lui. À la barre, il a affirmé détenir d’autres éléments de preuve conservés à la Direction centrale de la police judiciaire ainsi que dans son téléphone portable.
Son avocat, Facinet Soumah, estime que son client est poursuivi à tort. Selon lui, le notaire avait travaillé pour la famille de Mohamed Lamine Soumah dans le cadre d’un dossier de succession ainsi que sur une autre procédure impliquant son épouse.
« Ces accusations sont fallacieuses et ne reposent sur aucun acte matériel. Toutes les procédures menées par Maître Fana Bangoura pour cette famille sont aujourd’hui clôturées », a déclaré l’avocat de la défense.
La défense soutient également que les chèques évoqués dans le dossier avaient été remis dans un climat de confiance et que les paiements étaient souvent régularisés par d’autres mécanismes financiers.
« Le notaire demandait parfois au bénéficiaire d’attendre quelques jours avant l’encaissement des chèques. Ensuite, les montants étaient réglés autrement, mais les anciens chèques n’étaient pas récupérés », a expliqué Maître Facinet Soumah, estimant que ces documents sont aujourd’hui utilisés pour accréditer la thèse de chèques sans provision.
L’affaire a été renvoyée au 8 juin prochain pour la communication des pièces complémentaires par la partie civile.
