À la veille de la finale tant attendue de la CAN 2025 organisée au Maroc, une annonce de la Confédération Africaine de Football (CAF) est venue assombrir la fête. Désormais, la Coupe d’Afrique des Nations ne se disputera plus tous les deux ans, mais tous les quatre ans. Dans le même élan, la CAF a également acté la suppression du CHAN, compétition emblématique réservée aux joueurs évoluant sur le continent africain.
Deux décisions majeures, lourdes de conséquences, qui ont immédiatement suscité une vague de critiques parmi les observateurs du football africain. Beaucoup y voient un renoncement, voire une trahison des fondements mêmes du football du continent.
Parmi les voix les plus virulentes, celle du consultant sportif Nabil Djellit, dont la sortie a résonné comme un cri d’alarme. Sans détour, il dénonce une dérive mercantile qui menace l’essence même du jeu africain.
« Ils sont en train de tuer le foot pour le fric, pour le business », martèle-t-il.
Selon lui, cette logique n’est pas nouvelle. Le passage de la CAN à 24 équipes avait déjà, d’après ses mots, sacrifié une grande partie du continent, contraint à des coorganisations forcées entre plusieurs pays, comme le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. Une manière, selon Djellit, de masquer l’incapacité structurelle tout en servant des intérêts financiers.
Le consultant s’attaque également à la méthode employée par les dirigeants de la CAF, qui s’appuient sur l’avis de joueurs africains évoluant en Europe pour justifier ces réformes.
« Ils vont demander leur avis à des joueurs africains, internationaux africains, qui ont le vécu européen », explique-t-il, citant notamment Aïssa Mandi. « Il est né en France, il a vécu en France, donc il est sur le calendrier du football européen ».
Pris entre les exigences des clubs européens et les convocations continentales, ces joueurs n’auraient, selon lui, pas réellement le choix.
« On lui dit : si tu y vas, tu n’as pas de contrat, ou alors on ne te prend pas. Forcément que le footballeur africain, à ce moment-là, il ne va pas dire autre chose ».
Mais le cœur de la critique est plus profond encore. Pour Nabil Djellit, les instances dirigeantes du football africain ont failli à leur mission première : défendre leurs joueurs et préserver le sens des compétitions.
« Quelle confédération au monde accepterait qu’il y ait une compétition continentale sans que les joueurs aient le moindre jour de préparation ? Aucune », s’indigne-t-il.
Il dénonce des tournois conçus sans vision sportive, ni respect de l’histoire du continent.
« Ils inventent, ils créent des compétitions artificielles, ça, ça s’appelle de la perte de sens ».
Et de rappeler une vérité essentielle trop souvent oubliée : « La CAN, ce n’est pas qu’une histoire de sport, c’est l’histoire d’un continent ».
Dans ce contexte, la suppression du CHAN apparaît comme un symbole fort : celui d’un football africain qui tourne le dos à ses championnats locaux et à ses talents évoluant sur le sol africain, au profit d’un agenda dicté par le marché mondial. « On n’en a rien à cirer de la Coupe du monde des clubs », tranche Djellit, avant de conclure avec amertume :
« Ça ne ressemble à rien… ils sont en train de tuer le foot pour le fric, pour le business ».
À l’heure où le football africain est le point de travailler son image, une question demeure : que restera-t-il de l’âme de la CAN si ses décideurs continuent de privilégier le profit au détriment de l’histoire, des joueurs et des peuples qu’elle représente ?









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