Le président de la république, Mamadi Doumbouya, a signé ce lundi 13 avril 2026 le décret portant déclassement d’une partie de la forêt classée du Mont Kakoulima. Cette décision ouvre la voie à la mise en place d’infrastructures d’assainissement destinées à améliorer la gestion des déchets dans le Grand Conakry, confronté depuis plusieurs années à une insalubrité persistante.
Selon le décret, une superficie totale de 148,7 hectares, située dans la préfecture de Coyah, est désormais affectée à l’Agence nationale de l’assainissement et de la salubrité publique (ANASAP).
Deux infrastructures majeures prévues
Le projet se structure autour de deux pôles techniques complémentaires. Le premier est le Centre d’Enfouissement Technique (CET) de Baritodé, qui occupera 140,3 hectares. Il comprendra notamment des zones tampons, des bassins de traitement des lixiviats et des installations destinées à limiter l’impact environnemental des déchets.
Le second pôle est le Centre de Transfert (CT) de Kindiady, d’une superficie de 8,4 hectares. Situé en bordure du massif forestier, il servira de plateforme logistique pour la collecte et l’acheminement des ordures vers le centre d’enfouissement.
Un encadrement environnemental strict
Le décret impose une affectation exclusive des sites à la gestion et au traitement des déchets. Toute autre utilisation des terrains est formellement interdite.
En raison du statut protégé de la forêt classée du Mont Kakoulima, les autorités exigent une actualisation de l’étude d’impact environnemental. L’ANASAP est également tenue de compenser intégralement la perte du couvert forestier par un programme de reboisement équivalent à la superficie déclassée, soit 148,7 hectares.
Un projet au cœur des défis environnementaux du Grand Conakry
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la pression croissante sur les infrastructures d’assainissement dans la capitale et sa périphérie, notamment à Conakry, où la gestion des déchets solides demeure un défi majeur pour les autorités publiques.
Depuis plusieurs années, les services techniques de l’État et les partenaires du secteur alertent sur la saturation des sites existants et la nécessité de moderniser la chaîne de collecte, de transfert et de traitement des ordures pour réduire les risques sanitaires et environnementaux.
Une mesure entre développement et préservation
Si ce déclassement est présenté comme une réponse structurelle à la crise de l’assainissement urbain, il relance également le débat sur l’équilibre entre développement des infrastructures publiques et préservation des écosystèmes forestiers sensibles.
Les ministères en charge de l’Économie, de l’Environnement, de l’Assainissement et de l’Administration du territoire sont chargés de l’exécution et du suivi de cette mesure, qui suscite déjà des attentes fortes sur son impact réel dans la gestion durable des déchets dans le Grand Conakry.
