Le président Mamadi Doumbouya interdit l’exportation d’or brut et impose sa transformation locale

Le président de la république Mamadi Doumbouya a haussé le ton samedi 20 juin lors d’une rencontre stratégique à Conakry avec les opérateurs du secteur aurifère. Il a annoncé l’interdiction formelle et définitive de l’exportation d’or brut, exigeant que toute la production nationale soit raffinée sur le territoire guinéen afin de capter davantage de valeur ajoutée.

Dans un discours ferme, le chef de l’État a dénoncé un modèle économique historique qui voit l’or guinéen quitter le sous-sol à l’état brut pour être transformé à l’étranger, privant le pays d’emplois, de recettes fiscales et de développement industriel. « L’or guinéen sera fondu, certifié et valorisé en Guinée », a-t-il martelé, soulignant que « le peuple de Guinée mérite de voir sa richesse participer à son développement ». Il a averti que tout opérateur continuant à exporter de l’or brut s’exposerait à des sanctions sévères, y compris la suspension d’agrément.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis la prise de pouvoir  en 2021, puis sous son mandat présidentiel. Elle fait écho à une rencontre similaire d’avril 2022 où il avait déjà exigé la construction d’unités de transformation. Le président met en avant des projets concrets, dont la Nimba Gold Refinery à Gbessia (Conakry), une infrastructure moderne avec une capacité initiale de 2 000 kg d’or par jour, extensible à 4 000 kg, dotée de technologies de pointe pour la traçabilité, la récupération de métaux secondaires et le respect des normes internationales.

Cette raffinerie, présentée comme un levier de souveraineté économique, vise à créer des emplois, développer des compétences locales et renforcer les réserves stratégiques du pays. Elle s’aligne sur la vision plus large du programme Simandou 2040, qui ambitionne de transformer la Guinée en puissance industrielle grâce à la valorisation de ses ressources (or, bauxite, fer, etc.).

Contexte et enjeux

La Guinée est un producteur significatif d’or, mais comme de nombreux pays africains riches en ressources, elle a longtemps souffert d’une faible capture de valeur ajoutée. Les experts soulignent régulièrement les défis structurels : infrastructures limitées, corruption et contrats déséquilibrés. La décision de Doumbouya s’inscrit dans une tendance continentale plus large vers une meilleure souveraineté économique sur les matières premières.

Cette politique intervient alors que le président Mamadi Doumbouya, élu président en décembre 2025 avec un score écrasant et investi en janvier 2026, cherche à consolider son image de dirigeant tourné vers le développement et la refondation économique du pays.

L’initiative sera scrutée de près par les investisseurs internationaux et les partenaires de la Guinée, dans un contexte régional marqué par des transitions politiques et une volonté affirmée de nombreux États ouest-africains de mieux contrôler leurs ressources naturelles.

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