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Accueil Afrique

Des drones iraniens aux frontières du Maroc, une source d’inquiétude ?

Abdoulaye Camara Par Abdoulaye Camara
mars 8, 2023
Dans Afrique
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Le Royaume du Maroc a attiré l’attention sur la menace que représentent les ventes de drones iraniens à l’Algérie, à destination de la guérilla du Polisario.

À la fin de l’année 2022, des hauts fonctionnaires marocains ont mis en évidence la nouvelle alliance entre l’Iran et l’Algérie, ainsi que les déclarations de responsables iraniens concernant la vente de drones à l’Algérie, dans le cadre d’un important

contrat d’armement. Les hauts fonctionnaires du Royaume ont également souligné les déclarations du Front Polisario, concernant la réception de drones et d’autres armes de l’Algérie, ainsi que la formation et le développement d’infrastructures pour les utiliser.
À la fin de l’année dernière, le Front Polisario a menacé d’utiliser des drones militaires contre les forces armées royales marocaines, positionnées le long du mur de défense du Sahara occidental.

Cette annonce est intervenue alors que le chef du Polisario, Brahim GHALI, se préparait à lancer un mouvement militaire à partir de Tindouf pour la « guerre d’usure » du front contre le Maroc.
Omar MANSOUR, l’envoyé du Polisario auprès du président mauritanien, a révélé la nouvelle lors d’une conférence de presse à Nouakchott. « L’armée sahraouie utilisera bientôt des drones armés dans la guerre d’usure au Sahara occidental », a menacé Omar MANSOUR.

La présence de drones iraniens aux frontières du Maroc constitue une grave préoccupation pour le pays, car les véhicules aériens sans pilote peuvent être utilisés à des fins de surveillance, de reconnaissance et même d’opérations militaires. Les drones sont capables de surveiller de vastes zones du territoire marocain, ce qui permet au gouvernement iranien d’avoir une idée de l’activité et des mouvements du Royaume. En outre, les drones pourraient être utilisés pour fournir des renseignements aux militaires marocains sur les positions du Polisario, ce qui les rendrait vulnérables aux frappes aériennes et à d’autres formes d’agression. Les drones iraniens devenant de plus en plus répandus dans la région, le Maroc est susceptible d’être confronté à un risque accru d’attaque, ce qui fait de cette question un problème urgent qu’il convient de résoudre.
En conséquence, les forces armées marocaines ont mis en place une zone d’exclusion terrestre et aérienne, à l’est du mur de défense, et ont commencé à utiliser divers véhicules aériens sans pilote (UAV), y compris des drones Bayraktar TB2 de conception turque. Moins de vingt quatre heures après que le Polisario a menacé d’utiliser des drones contre le Maroc, le ministre marocain des affaires étrangères, Nasser BOURITA, a mis en garde contre l’acquisition de drones armés par des groupes terroristes et séparatistes.
« L’Iran, après avoir sapé la stabilité de la Syrie, du Yémen, de l’Irak et du Liban, est en train de déstabiliser notre région », a déclaré Omar Hilal, ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies.

Alors que l’Occident a les yeux rivés sur le rôle des drones iraniens en Ukraine, l’Afrique craint de plus en plus que l’Iran ne joue un rôle déstabilisateur majeur dans la région, en soutenant des mandataires terroristes. Après avoir soutenu le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et les Fatimiyoun en Afghanistan, il est bien connu que l’Iran joue un rôle important en Afrique de l’Ouest. L’approche de l’Iran, en matière d’intervention à l’étranger, consiste à identifier les guerres par procuration et à offrir ensuite son soutien aux acteurs non étatiques qui ont besoin d’armes.
L’Iran utilise également sa puissance douce par le biais de l’éducation et du mariage, pour renforcer sa présence en Afrique du Nord. Dans le même temps, il fournit des armes, des formations et d’autres types de soutien aux milices de la région, avec l’engagement d’une série d’autres pays.
L’Iran joue un rôle actif au Sahel, dans toute l’Afrique du Nord, avec divers groupes, tandis que le Maroc, l’un des plus anciens alliés des États-Unis dans la région, s’est inquiété, dès 2006, du fait que la région devenait un vivier et un exportateur d’une nouvelle génération de terroristes.
En Afrique, on craint de plus en plus que le soutien et le matériel fournis à des individus par l’Iran, et d’autres acteurs malveillants en Afrique du Nord, n’entraînent une augmentation des attaques et de l’instabilité. Des attaques ont lieu contre les populations locales et les forces occidentales dans la région, les forces spéciales françaises et américaines ayant déjà subi des pertes.
La fourniture de drones au Polisario par l’Iran et l’Algérie, et leur diffusion probable à d’autres groupes, constituent une escalade majeure de leurs capacités offensives. Le Maroc, qui a subi des attaques terroristes dévastatrices dans le passé, en raison de son rôle pro-occidental de pare-feu contre l’extrémisme islamique, se trouve une fois de plus en première ligne.
Comme on le voit en Ukraine, les drones armés permettent d’attaquer des cibles à distance, ce qui, il n’y a pas si longtemps, n’était possible que pour les pays disposant de forces aériennes ou de missiles balistiques. La présence de drones armés à la frontière du Maroc, contrôlée par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, équivaut à la présence de missiles russes à Cuba.

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De la même manière que cela a eu des conséquences géopolitiques majeures, des observateurs indépendants et des responsables marocains craignent que cette menace très réelle ne soit perdue dans le brouillard de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, de l’attention portée aux ballons espions chinois et du tremblement de terre entre la Turquie et la Syrie.
Le complexe militaro-industriel iranien, en pleine expansion, produit et expédie des drones et des armes, notamment des missiles et des bombes à fragmentation, pour attiser les conflits et l’instabilité dans le monde. Alors que le monde se concentre sur l’Ukraine, ses ventes d’armes et sa capacité à contourner les sanctions, pour générer des revenus à l’intérieur du pays, devraient être une source d’inquiétude majeure pour l’Occident. L’axe Algérie-Iran, en relation avec le Maroc et le Polisario, doit faire l’objet d’une attention beaucoup plus grande de la part des États-Unis et d’autres pays, qui ont tendance à considérer la situation sous l’angle d’un différend entre voisins plutôt que, comme c’est de plus en plus le cas, sous l’angle du Polisario, en tant que mandataire de l’Iran et de l’Algérie, qui se dote de capacités pour attaquer un allié des États-Unis.

De même, l’invasion de l’Ukraine par la Russie fait partie d’une stratégie plus large visant à réformer le bloc soviétique, et l’engagement de l’Iran avec l’Algérie doit être considéré comme faisant partie de son objectif d’arc d’influence s’étendant du Moyen-Orient à l’Afrique de l’Ouest en passant par l’Afrique du Nord. Le Maroc est un tampon clé entre ces régions et revêt une importance cruciale.
Dans ce contexte plus large, il existe un réel danger que, comme par le passé, lorsque le Maroc tire la sonnette d’alarme au sujet des drones à ses frontières, les avertissements ne soient pas entendus et que l’axe Iran-Algérie se renforce et devienne plus dangereux pour la région.

Par military.africa et Kieran Baker

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