Inauguration de la Nimba Gold Refinery à Conakry : la Guinée se dote de sa première raffinerie d’or

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé le dimanche 1er novembre 2026 à l’inauguration officielle de la Nimba Gold Refinery (NGR), première raffinerie d’or du pays. L’événement s’est déroulé à Gbessia-Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia, en plein cœur de Conakry, en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah, du ministre des Mines et de la Géologie Bouna Sylla, de plusieurs membres du gouvernement, de hauts cadres de l’administration et d’acteurs du secteur minier.

La cérémonie, placée sous le signe de la souveraineté économique, a coïncidé avec la célébration du 68e anniversaire de l’armée guinéenne. Après la coupure du cordon inaugural, le chef de l’État a effectué une visite guidée des installations, passant notamment par la fonderie et les tables de refroidissement et de séchage.

Selon les déclarations officielles et les représentants de l’entreprise, la raffinerie dispose d’une capacité annuelle nominale de 733 tonnes. Un fonctionnement à 50 % de cette capacité pourrait générer un flux financier annuel estimé à 4,5 milliards de dollars américains, d’après Moussa Magassouba, intervenant au nom de Nimba Gold Refinery. L’infrastructure est présentée par les autorités et ses promoteurs comme l’une des plus grandes, voire la plus grande, raffinerie d’or du continent africain.

Cette inauguration s’inscrit dans une politique visant à mettre fin à l’exportation quasi systématique de l’or brut. Le ministre Bouna Sylla a souligné que la Guinée, pays producteur important d’or en Afrique de l’Ouest, ne bénéficiait jusqu’ici que d’une partie limitée de la valeur ajoutée liée au raffinage. « Aujourd’hui, cette époque est révolue », a-t-il déclaré, en évoquant la création d’emplois qualifiés, le transfert de compétences aux jeunes Guinéens, le renforcement de la traçabilité et de la transparence de la filière, ainsi que la contribution possible au renforcement des réserves de change de la Banque centrale.

Les autorités visent notamment à raffiner localement jusqu’à 30 % de la production des mines industrielles et semi-industrielles. La Guinée a produit environ 70 tonnes d’or en 2025, dont une part majoritaire issue de l’orpaillage artisanal.

Des premiers lingots raffinés par NGR auraient déjà été exportés en octobre 2026, avant l’inauguration formelle.

Le projet s’inscrit dans le cadre du programme Simandou 2040 et d’une ambition plus large de transformation locale des ressources minières. Des raffineries d’alumine sont également en construction dans le secteur de la bauxite.

Les ambitions affichées restent importantes : création d’emplois, modernisation de la filière, amélioration de la gouvernance et positionnement de la Guinée comme un hub régional de transformation aurifère. Leur concrétisation dépendra désormais de la mise en œuvre effective des capacités annoncées et du cadre réglementaire mis en place, notamment la plateforme intégrée de traçabilité de l’or (PINTO).

 

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