La chanteuse Hadya a été interpellée ce lundi 18 mai 2026 à la suite d’une interview polémique accordée aux créateurs de contenus Saad et Sopralpha. L’entretien, diffusé dans le cadre d’une émission de télé-réalité relayée sur les réseaux sociaux, suscite de nombreuses réactions depuis plusieurs jours.
Selon des informations obtenues auprès d’une source judiciaire, l’artiste aurait été interpellée sur instruction du procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn. Elle serait entendue à la Brigade de recherches de Kipé.
D’après cette même source, les propos tenus par la chanteuse au cours de l’émission seraient susceptibles d’être assimilés à des faits de proxénétisme, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal guinéen.
Ce que prévoit la loi guinéenne sur le proxénétisme
En Guinée, les articles 346 à 354 du Code pénal encadrent les infractions liées au proxénétisme ainsi que les sanctions applicables.
L’article 346 définit le proxénétisme comme « l’activité de celui ou celle qui favorise ou tire profit de la prostitution d’autrui ».
Selon l’article 347, est considéré comme proxénète toute personne qui aide, assiste ou protège sciemment la prostitution d’autrui ou le racolage en vue de la prostitution. Le texte vise également les personnes qui partagent les revenus issus de la prostitution, vivent volontairement avec une personne se livrant habituellement à cette activité sans pouvoir justifier leurs ressources, ou encore celles qui recrutent, entretiennent ou servent d’intermédiaires dans ce cadre.
Le même article prévoit des peines allant de 2 à 5 ans d’emprisonnement et des amendes comprises entre 2 et 10 millions de francs guinéens, sans préjudice de sanctions plus lourdes selon les circonstances.
Des peines aggravées dans certains cas
L’article 348 du Code pénal prévoit un renforcement des sanctions lorsque les faits concernent un mineur, sont accompagnés de contrainte, d’abus d’autorité ou encore lorsqu’ils impliquent une personne ayant une responsabilité particulière sur la victime.
La peine peut alors être portée à 7 ans d’emprisonnement et à une amende de 15 millions de francs guinéens. La loi vise notamment les parents, tuteurs, enseignants, agents publics, ministres du culte ou toute autre personne exerçant une autorité sur la victime.
Le texte sanctionne également les personnes qui entravent les actions de prévention, de contrôle ou d’assistance menées par les structures chargées de lutter contre la prostitution.
Par ailleurs, l’article 349 prévoit des peines plus lourdes lorsque les faits sont commis en bande organisée. Dans ce cas, les sanctions peuvent aller de 7 à 10 ans d’emprisonnement assortis d’amendes allant de 10 à 50 millions de francs guinéens.
Une possible dimension numérique
Des juristes rappellent également que certaines pratiques impliquant les réseaux sociaux ou les plateformes numériques peuvent faire l’objet de poursuites au regard des lois relatives à la cybersécurité.
À ce stade, aucune communication officielle du parquet n’a encore précisé les charges exactes retenues contre elle et les créateurs du contenu.







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