À Conakry, dans la commune de Matoto, le déguerpissement des habitations construites sous les lignes à haute tension à Sangoyah, secteur Château, suscite incompréhension et colère chez les habitants. Si la majorité reconnaît le danger réel lié à ces installations, l’exécution de l’opération laisse apparaître de graves incohérences.
Dans cette localité de la haute banlieue de Conakry, les autorités ont engagé une vaste opération de déguerpissement des constructions érigées sous deux lignes de haute tension, invoquant les risques majeurs pour la sécurité des populations. Une décision que beaucoup jugent légitime au regard des dangers d’électrocution et d’incendie.
Cependant, sur le terrain, les méthodes employées et surtout le choix des bâtiments démolis soulèvent de nombreuses interrogations. Des habitations modestes, des gargotes, de petits conteneurs et des abris de fortune appartenant à des débrouillards sont systématiquement rasés par les bulldozers, sous la supervision de responsables locaux. Pendant ce temps, d’autres constructions similaires, voire plus imposantes, sont étrangement épargnées.
Plus troublant encore, certains bâtiments en dur, parfois en étages, continuent d’être construits sous les mêmes lignes à haute tension, sans être inquiétés. À quelques mètres des câbles électriques, un immeuble en chantier, déjà à deux dalles, reste intact, alors que des familles voisines voient leurs maisons réduites en gravats.
Un habitant de la zone, victime de la casse et ayant requis l’anonymat, exprime son indignation :
« Nous sommes tous conscients du danger, mais ce que nous ne comprenons pas, c’est pourquoi certaines maisons sont détruites et d’autres laissées. Regardez juste devant : c’est un bâtiment en étage en construction, à moins de cinq mètres des fils. Il n’est même pas terminé, mais il est épargné. Derrière, il y a encore deux maisons intactes. De l’autre côté aussi, des habitations sont sous les fils. C’est quoi ça ? Soit c’est dangereux et on démolit tout, soit ce ne l’est pas et on laisse aussi les pauvres tranquilles. »
Pour ces citoyens, le problème n’est donc pas le déguerpissement en soi, mais l’injustice et le traitement sélectif observés dans son application. Beaucoup y voient un « deux poids, deux mesures » qui pénalise les plus vulnérables, tandis que certains bénéficieraient d’une protection tacite.
Face à cette situation, les victimes lancent un appel solennel aux plus hautes autorités du pays, notamment au Président de la République, afin que toute la lumière soit faite sur cette opération et que la loi soit appliquée de manière équitable, sans distinction sociale ou économique.









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