Au lendemain de la clôture officielle de la campagne électorale, ce 26 décembre, le constat est saisissant à Conakry. Sur les routes, dans les marchés et les quartiers, les affiches de campagne restent visibles, et les tenues à l’effigie des candidats continuent d’être portées. Si les grandes animations politiques ont cessé, les actes de soutien, eux, persistent, interrogeant sur le respect effectif du silence électoral.
Le cadre juridique, lui, est sans ambiguïté. La loi organique du 27 septembre portant Code électoral, en son article 49, précise que la campagne électorale s’ouvre 30 jours avant le scrutin et se clôture 48 heures avant celui-ci, les dates étant fixées par décret présidentiel. L’article 50 du même Code est encore plus explicite : « Nul ne peut, par quelque moyen et sous quelque forme que ce soit, faire campagne en dehors de la période fixée par décret du président de la République, conformément aux dispositions de l’article précédent. »
L’objectif est clair : garantir l’égalité entre les candidats, préserver la liberté de choix de l’électeur et instaurer une période de réflexion sereine avant le vote. Ce principe, communément appelé silence électoral, interdit toute forme de propagande, qu’elle soit active ou passive. Cela inclut le port de vêtements ou d’insignes à connotation politique ainsi que l’affichage de banderoles et messages de soutien dans les espaces publics.
Pourtant, ce 26 décembre, l’image des rues et des marchés de Conakry laisse planer le doute : s’agit-il d’une tolérance implicite de la loi, ou d’une violation manifeste, volontaire ou non, du Code électoral laissée sans réaction par les autorités ?
En pratique, le maintien des banderoles et la circulation de tenues aux couleurs des candidats peuvent être considérés comme de la « campagne déguisée ». Même si ces actes émanent de simples citoyens, ils peuvent engager la responsabilité de leurs auteurs, voire celle des partis ou candidats bénéficiaires, si leur caractère organisé ou intentionnel est établi.
Au-delà du texte, la question centrale demeure : le silence électoral, pilier de la sincérité du scrutin, est-il respecté dans les faits, ou réduit à une simple formalité juridique ?







Discussion à propos de cepost