Réuni à Freetown, en Sierra Leone, le samedi 18 juillet 2026, à l’occasion du sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a plaidé pour une réforme de l’organisation sous-régionale. Dans un discours marqué par un appel à l’unité et à l’intégration africaine, il a également dénoncé le recours systématique aux sanctions comme mode de gestion des crises.
S’adressant à ses homologues ouest-africains, le président Mamadi Doumbouya a rappelé l’idéal qui a guidé la création de la CEDEAO en 1975. Selon lui, les quinze pères fondateurs avaient pour ambition de bâtir un vaste espace économique capable de promouvoir la paix et le développement dans la sous-région.
« Lorsque les quinze pères de la CEDEAO se réunissaient au Nigeria le 28 mai 1975, l’objectif était clair : créer un grand marché commun ouest-africain pour le développement et la paix », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État guinéen a insisté sur la nécessité de préserver l’unité entre les peuples ouest-africains.
« C’est unis que nous pouvons assurer notre survie et notre prospérité. La division n’arrange que ceux qui divisent », a-t-il affirmé.
Abordant la question des sanctions, il a estimé que la CEDEAO devrait privilégier le dialogue et des solutions adaptées aux réalités propres à chaque pays.
« Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe, alors qu’elle devrait être le dernier recours », a-t-il soutenu.
Selon lui, les conséquences de ces mesures touchent principalement les populations.
« L’expérience nous enseigne que les sanctions frappent d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes sur les marchés et les travailleurs dans les champs et les ateliers. Elles privent les hôpitaux de médicaments de première nécessité et vident les marchés des denrées alimentaires indispensables », a-t-il expliqué.
Le président guinéen a également plaidé pour une modernisation des institutions communautaires. Estimant que les textes fondateurs de la CEDEAO ont été élaborés dans un contexte différent de celui d’aujourd’hui, il a appelé à leur adaptation afin de mieux répondre aux défis actuels.
« Réformer nos institutions, ce n’est pas les affaiblir, mais les adapter à nos valeurs, à nos coutumes, à nos réalités et à nos traditions », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Chaque peuple a ses réalités et ses urgences. »
Pour le président Mamadi Doumbouya, l’organisation sous-régionale doit désormais concentrer davantage ses efforts sur les préoccupations concrètes des populations.
« Les peuples n’attendent pas seulement des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des marchés ouverts, des usines, de l’énergie et des emplois pour leur jeunesse », a-t-il lancé.
En conclusion, le président guinéen a appelé à une gouvernance plus participative au sein de la CEDEAO, impliquant davantage les citoyens, les jeunes, les acteurs économiques et la société civile.
« Une communauté ne se décrète pas ; elle se construit avec tous ses enfants, sans stigmatisation », a-t-il affirmé, réitérant la disponibilité de la Guinée à contribuer à la construction d’une communauté ouest-africaine fondée sur la prospérité partagée et la solidarité entre les peuples.
Par Amadou Oury Barry









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