Le Syndicat national de l’enseignement franco-arabe a célébré, samedi 29 août 2026, ses meilleurs élèves et étudiants à l’occasion de la deuxième édition des « Étoiles du franco-arabe ». Derrière les lauriers, une question a dominé les échanges : quand la Guinée reconnaîtra-t-elle pleinement les talents formés dans cette filière ?
C’est un rendez-vous devenu incontournable pour l’enseignement franco-arabe en Guinée. Le Syndicat national de l’enseignement franco-arabe a organisé, samedi 29 août 2026, la deuxième édition de sa cérémonie « Étoiles du franco-arabe », consacrée aux élèves et étudiants s’étant distingués aux différents examens. Au-delà de la fête, l’événement a servi de tribune pour interpeller les autorités sur les défis persistants de cette filière éducative.
Une filière qui pèse, mais qui reste dans l’ombre
Devant les lauréats réunis, le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement franco-arabe, le Docteur Mansaré, a rappelé le poids réel de cet enseignement dans le système éducatif national.
« Cette éducation représente plus de 20 % de notre système éducatif. Mais, fort malheureusement, les lauréats ne sont pas généralement célébrés comme ça se doit », a-t-il déploré, pointant l’absence d’une véritable politique d’accompagnement pour ces jeunes talents. Une lacune qui, selon lui, finit par décourager des élèves confrontés à de multiples obstacles sur leur parcours.
Des inégalités de traitement dénoncées
Pour étayer son propos, le secrétaire général est revenu sur plusieurs décisions marquantes de ces dernières années, notamment sur la place réservée aux lauréats du franco-arabe lors des cérémonies officielles de distinction, comparée à celle accordée aux élèves de l’enseignement général.
Il a également rappelé l’histoire mouvementée de la bourse destinée aux lauréats franco-arabes, suspendue en 2012 et rétablie seulement à partir de 2022, dix années durant lesquelles ce soutien a fait défaut à toute une génération d’apprenants.
Face à ce constat, le Docteur Mansaré a lancé un appel à la mobilisation : « En tant que promoteurs de droits de travail, il faut encourager afin que ce système puisse être redoré. »
Un message d’espoir pour les lauréats
Invité à cette édition, El Hadj Thierno Nouhou a, de son côté, choisi de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants du franco-arabe, capables selon lui de réussir bien au-delà des disciplines traditionnellement associées à cette filière.
Il a exhorté les élèves et étudiants présents à ne pas céder au sentiment de marginalisation, insistant sur le fait que la reconnaissance de leur filière passe aussi par leur propre engagement et leur détermination à exceller.
Célébrer aujourd’hui pour mieux bâtir demain
Entre fierté et revendications, cette deuxième édition des « Étoiles du franco-arabe » aura permis de mettre en lumière l’excellence d’une filière qui forme plus d’un cinquième des effectifs scolaires guinéens. Reste désormais à transformer ces appels en actes, pour que la valorisation de l’enseignement franco-arabe ne se limite pas à une cérémonie annuelle.
Reportage : Amadou Diogo Diallo







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