Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté à l’unanimité, ce mardi 31 mars, la Loi de Finances Initiale (LFI) 2026, lors d’une séance consacrée à son examen approfondi. Ce budget, jugé stratégique par les autorités, affiche une hausse significative tant au niveau des recettes que des dépenses, tout en conservant un déficit raisonnable.
Une progression notable des recettes
Selon l’honorable Fabara Koné, rapporteur de la Commission Économie et Finances, les recettes prévues pour 2026 s’élèvent à 55 858,09 milliards GNF, contre 43 960,62 milliards GNF pour la Loi de Finances Rectificative 2025. Cette progression de 11 897,47 milliards GNF, soit 27,06 %, traduit un renforcement des recettes fiscales et patrimoniales du pays.
Le rapporteur a précisé que cette hausse est largement portée par les dividendes des grandes entreprises publiques et semi-publiques, notamment la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), la SOGEAC et la Société Minière de Boké, qui devraient contribuer à hauteur de 90 % aux recettes issues de la propriété. Ces fonds seront orientés vers le financement des charges courantes et le service de la dette, mais également vers les investissements prioritaires.
Des dépenses orientées vers les secteurs stratégiques
Le budget 2026 prévoit des dépenses supérieures à 64 000 milliards GNF, soit une hausse de 18,30 % par rapport à 2025. Comme l’a indiqué l’honorable Mohamed Lamine Kaba, rapporteur de la Commission Plan, cette augmentation reflète principalement l’aggravation des charges liées au service de la dette, mais reste modérée dans l’ensemble.
Les dépenses de l’État continuent de favoriser les secteurs sociaux, avec un accent particulier sur l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie et les infrastructures, confirmant la volonté du gouvernement de soutenir la croissance économique et le développement durable.
Un déficit maîtrisé et un consensus politique
Avec des ressources estimées à 35 537 milliards GNF, le budget laisse apparaître un déficit de 8 323 milliards GNF, qui sera financé par les recettes additionnelles et des mécanismes de mobilisation des fonds. La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a salué la qualité des échanges et l’engagement des parties prenantes, soulignant que l’adoption unanime de ce texte constitue un signal fort de stabilité et de consensus autour de la politique économique du pays.
La LFI 2026 de la Guinée combine ambition fiscale et prudence budgétaire, en cherchant à augmenter les recettes sans freiner l’investissement dans les secteurs clés. Entre hausse des recettes, maîtrise des charges et orientation des dépenses vers les infrastructures et le social, ce budget se veut un outil stratégique pour consolider la relance économique du pays dans le cadre de la transition.







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