La Guinée-Bissau a replongé ce mercredi dans une nouvelle zone de turbulence politique. Des tirs nourris ont retenti en milieu de journée aux abords du palais présidentiel à Bissau, semant la panique parmi les passants. Quelques heures plus tard, le président sortant Umaro Sissoco Embaló a déclaré avoir été arrêté dans son bureau, au cœur d’un contexte déjà fortement tendu par l’attente des résultats du double scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre.
Selon plusieurs journalistes présents sur les lieux, les tirs ont éclaté peu après midi autour du palais présidentiel, poussant habitants et commerçants à se mettre à l’abri. Des détonations ont également été entendues dans le secteur de la Commission nationale électorale, ce qui laisse penser que l’opération visait plusieurs sites stratégiques de la capitale.
Les échanges de tirs ont cessé après quelques minutes, mais la tension dans la capitale demeure particulièrement élevée.
Dans l’heure qui a suivi les tirs, le président sortant Umaro Sissoco Embaló a contacté des médias pour annoncer qu’il avait été arrêté dans son bureau du palais présidentiel par un groupe de militaires. Il affirme ne pas avoir été maltraité lors de son interpellation.
Selon ses propos, plusieurs hauts responsables sécuritaires ont été arrêtés en même temps que lui, notamment :
• Botché Candé, ministre de l’Intérieur ;
• Biague Na Ntan, chef d’état-major général des armées ;
• Mamadou Touré, chef d’état-major adjoint.
Ces arrestations simultanées montrent que l’opération était organisée de manière coordonnée au sein des forces armées.
Les événements interviennent alors que la Guinée-Bissau attend encore la proclamation des résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre.
La journée de vote s’était déroulée dans le calme, mais la tension est montée dès le lendemain : plusieurs candidats avaient revendiqué leur victoire, tandis que la commission électorale appelait à la patience.
À ce stade, aucune institution n’a officiellement confirmé l’arrestation du président ni revendiqué l’opération militaire. Le flou demeure également sur l’identité des auteurs du putsch et leurs intentions.
Un pays habitué aux crises politiques
Depuis son indépendance, la Guinée-Bissau reste l’un des États d’Afrique de l’Ouest les plus instables politiquement.
Coups d’État, putschs manqués, dissolutions du Parlement et crises au sein de l’armée ont régulièrement perturbé la vie institutionnelle du pays.
L’arrestation d’Embaló intervient trois ans après une tentative de coup d’État contre son gouvernement, en février 2022, qu’il avait alors qualifiée de « tentative d’assassinat ».
Incertitudes sur la suite
Alors que la capitale reste sous forte présence militaire, plusieurs questions restent sans réponse :
• Qui dirige actuellement le pays ? Aucun communiqué officiel n’a encore été publié.
• Quel impact sur la publication des résultats électoraux ? Le calendrier électoral risque d’être totalement remis en cause.
• Quelle réaction de la communauté internationale ? Les organisations régionales CEDEAO, UA sont particulièrement attendues.
Les prochaines heures seront déterminantes pour comprendre l’ampleur de ce qui s’apparente à un nouveau coup d’État en Guinée-Bissau.









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