Cinq jeunes filles des lycées N’Dama et Mohamed V de Kamsar, dans la préfecture de Boké, ont été licenciées des établissements guinéens pour avoir diffusé des images jugées malsaines sur les réseaux sociaux.
Ce mardi, le directeur préfectoral de l’Éducation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle de Boké a apporté des précisions sur cette décision, affirmant qu’elle vise également à dissuader d’éventuels candidats à de telles pratiques.
Si la mesure disciplinaire suscite de nombreux commentaires au sein de l’opinion, certaines voix invitent cependant à élargir le débat. C’est le cas d’Oumoul Kaire Diallo, militante et défenseure des droits, qui estime que l’essentiel est peut-être ailleurs.
« Ces vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux nous ont interpellés tous, mais moi, la leçon que je tire de ces vidéos, c’est qu’on est en train de détourner le regard à un danger bien plus grave, qui est le fait que des élèves mineurs puissent entretenir des relations sexuelles avec leurs professeurs. »
Pour elle, le véritable problème réside dans la responsabilité des adultes au sein des structures éducatives. Elle rappelle que l’école est avant tout un espace de protection et de transmission.
« Une structure scolaire dans laquelle les enfants doivent être protégés et où les enfants doivent accueillir des connaissances encadrées, et où ces valeurs dont vous faites référence doivent être cultivées, est en train de tourner à la dérive si le professeur, qui est l’encadrant, qui est le tuteur, qui est le majeur dans la situation, entretient des relations intimes avec l’élève. »
Dans son analyse, la focalisation exclusive sur les vidéos diffusées par les élèves risque d’occulter une problématique plus structurelle : le rapport d’autorité et la vulnérabilité des mineurs face à des adultes investis d’une mission éducative.
« Si le professeur entretient des relations intimes avec l’élève, c’est que nos structures scolaires sont en train de tourner à la dérive. Et c’est là qu’on va parler de valeurs qui sont en train d’être perverties. »
Au-delà de la sanction administrative, Oumoul Kaire Diallo invite ainsi à une réflexion de fond sur la protection des élèves, la responsabilité des encadreurs et le type de société que l’on souhaite bâtir. Pour elle, la question des valeurs ne peut être dissociée de celle de l’exemplarité des adultes et de la sécurisation de l’environnement scolaire.








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