Situé dans le district de Birissa, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Faranah, le village de Farankan fait face à un déficit criant d’infrastructures sociales de base. Ni centre de santé, ni accès à l’eau potable, ni école en dur : les populations locales vivent dans des conditions précaires qui compromettent particulièrement l’avenir éducatif des enfants.
Une école de fortune pour plus de 100 enfants
À Farankan, plus d’une centaine d’élèves poursuivent leur scolarité dans des conditions difficiles. Faute d’établissement scolaire, les enfants étudient dans deux hangars de fortune, recouverts de paille et de bâches. À l’intérieur, ils sont assis sur des planches sommairement assemblées, sous le regard du drapeau tricolore guinéen flottant au-dessus des abris.
Un enseignant de la fonction publique, affecté par l’État, assure les cours de français, tandis que la communauté a également recruté un enseignant pour l’arabe. Cette initiative communautaire vise à offrir une chance d’éducation aux enfants du village, malgré l’absence de soutien matériel suffisant.
El Hadj Maka Bah, notable et l’un des initiateurs du projet scolaire:
« C’est lorsque nous avons constaté que nous avions beaucoup d’enfants qui n’étudiaient pas que nous avons initié cela, après accord des autorités. Nous avons cherché un enseignant pour l’arabe, et les autorités ont envoyé un enseignant pour le français, qui est payé par l’État. Quant à l’école, ce sont nous qui avons construit ces hangars. »
Une initiative locale face à l’abandon institutionnel
Déterminés à offrir un cadre éducatif, même rudimentaire, les habitants ont fait appel à leurs propres ressources. Le premier enseignant était un fils du village, envoyé depuis Conakry. Mamadou Baillo Bah, président de l’Association des parents d’élèves (APAE):
« Nous n’avions pas d’école. Ce village a au minimum 50 ans d’existence. Nous demandons aujourd’hui aux autorités qu’elles nous aident à avoir une école digne pour nos enfants. »
L’établissement primaire le plus proche se trouvant à plus de cinq kilomètres, ces hangars constituent la seule alternative pour de nombreuses familles. Malgré les difficultés, les effectifs restent importants, comme l’explique El Hadj Maka Bah :
« Nous avons eu ici plus de cent cinq enfants inscrits ; certains sont admis à l’examen. En ce moment, nous avons plus de 70 élèves, entre la première et la quatrième année. »
L’appel poignant des élèves
Fonctionnant actuellement comme une école franco-arabe, l’établissement bénéficie partiellement du soutien de l’État à travers la prise en charge de l’enseignant de français. Toutefois, les conditions d’apprentissage demeurent indignes, selon les élèves eux-mêmes.
Mamadou Saliou Bah, élève de l’école, interpelle directement le président de la République :
« Nous appelons le président de la république à nous aider à avoir une école, nous étudions dans un hangar. C’est déplorable dans un pays. Nous aussi nous sommes les fils de ce pays nous souffrons ici. »
Des besoins essentiels toujours non satisfaits
Au-delà de l’éducation, Farankan souffre également d’un manque d’infrastructures vitales. L’absence de point d’eau potable et de centre de santé complique davantage le quotidien des habitants, exposés à de multiples risques sanitaires.
Face à cette situation, les populations de Farankan lancent un appel aux autorités afin qu’elles interviennent pour réduire les inégalités territoriales et garantir à leurs enfants un avenir meilleur.








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