Longtemps marginale, la consommation de la chicha s’est progressivement imposée comme une pratique courante chez les jeunes de la ville de Kankan. Présentée par ses adeptes comme un simple moyen de distraction et de convivialité, cette forme de tabagisme n’est pourtant pas sans risques. Selon les professionnels de la santé, elle constitue un véritable danger pour la santé physique et mentale des consommateurs.
Dans les rues, les lieux de loisirs et lors des rencontres festives, la chicha est désormais omniprésente. Contrairement à la cigarette classique, autrefois consommée de manière discrète, la chicha s’affiche aujourd’hui ouvertement, gagnant du terrain auprès de la jeunesse. Une banalisation qui inquiète le corps médical.
Pour le Dr Kabinet Kanté, médecin généraliste et urgentiste à l’hôpital régional de Kankan, cette pratique est d’origine étrangère et s’est installée progressivement dans les habitudes locales, notamment chez les jeunes. Il souligne que beaucoup ignorent ou minimisent les dangers liés à son usage, croyant à tort qu’elle est moins nocive que la cigarette.
Le médecin alerte cependant sur les conséquences graves de la consommation de la chicha. Selon lui, elle expose les utilisateurs à plusieurs pathologies, notamment des maladies respiratoires, cardiovasculaires et infectieuses. À cela s’ajoutent des impacts négatifs sur la santé mentale, liés à la dépendance à la nicotine et à certaines substances utilisées dans les mélanges.
Face à cette situation, Dr Kabinet Kanté appelle la jeunesse à faire preuve de responsabilité et à mieux s’informer afin de se protéger. Il insiste sur la nécessité d’une sensibilisation accrue pour déconstruire les idées reçues autour de la chicha, souvent perçue comme inoffensive.
Malgré les multiples mises en garde des professionnels de santé et l’interdiction de sa commercialisation par les autorités compétentes, la chicha continue de séduire un nombre croissant de jeunes à Kankan. Une réalité préoccupante qui pose la question de l’efficacité des mesures de prévention et de contrôle, ainsi que du rôle des familles et des acteurs sociaux dans la protection de la jeunesse.








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