Le Premier ministre a présenté, ce 25 mars 2026, sa déclaration de politique générale devant les conseillers nationaux de la transition, traçant les grandes orientations stratégiques qui guideront l’action gouvernementale dans les années à venir. Au cœur de cette feuille de route : une vision articulée autour de la souveraineté économique, de la transformation structurelle et de l’inclusion sociale.
Dans un discours à forte portée programmatique, le chef du gouvernement a posé les fondements d’une gouvernance axée sur les résultats. « La stabilité institutionnelle n’a de sens que si elle produit de la prospérité ; la croissance n’a de légitimité que si elle devient inclusive », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de convertir les ressources naturelles en leviers de développement humain et de compétitivité nationale.
Cette vision globale s’incarne dans le Programme « Simandou 2040 », adossé à la Loi Plan 2026–2040 adoptée le 5 mars 2026 par l’organe législatif de la transition. Ce programme structurant vise à faire de la Guinée une économie résiliente, inclusive et prospère, capable de s’insérer durablement dans les dynamiques régionales et internationales.
Le Premier ministre a marqué un tournant dans son propos en appelant à « passer de la mémoire de l’action accomplie à l’organisation rigoureuse de l’avenir ». Gouverner, a-t-il souligné, implique désormais de hiérarchiser les priorités, sécuriser les financements, mobiliser les compétences nationales et garantir des résultats mesurables pour chaque politique publique engagée.
Dans cette perspective, l’action gouvernementale s’articule autour de plusieurs axes doctrinaux : consolidation de l’État, élévation du capital humain, transformation de l’économie, modernisation du territoire, préservation des équilibres macroéconomiques, renforcement de la justice sociale et sécurisation de la République.
Le Programme Simandou 2040 constitue la pierre angulaire de cette stratégie. Il projette une croissance économique moyenne de 10,3 % par an, avec un produit intérieur brut qui pourrait atteindre 152 milliards de dollars à l’horizon 2040, contre environ 35 milliards actuellement. Le plan prévoit également la création de plus de cinq millions d’emplois, traduisant une ambition de transformation sans précédent dans l’histoire économique nationale.
L’architecture du programme repose sur 122 mégaprojets et 39 réformes structurantes, pour un volume global d’investissements estimé à 330 milliards de dollars sur quinze ans. La première phase de mise en œuvre, couvrant la période 2026-2030, mobilisera à elle seule 75 milliards de dollars, dont 20 milliards déjà engagés à travers le projet intégré Simandou et ses infrastructures connexes.
Sur le plan financier, le gouvernement mise sur un montage diversifié et équilibré : 38 % de ressources privées, 11 % provenant des partenaires techniques et financiers, 19 % issus de fonds souverains et 32 % financés par le budget national.
À travers cette déclaration, l’exécutif entend afficher une rupture méthodologique, en plaçant la planification stratégique, la performance publique et la mobilisation des investissements au cœur de son action. Reste désormais à traduire cette ambition en réalisations concrètes, dans un contexte où les attentes sociales et économiques demeurent élevées.





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